La mode s’implante dans les jeux vidéo pour croquer aux NFT et au metavers

Avoir un look virtuel a un coût : en 2021, une marque avait réalisé plus de 3 millions de dollars de bénéfice en vendant des baskets virtuelles, soit 5000 dollars par paires.

Une robe spectaculaire, crinoline de superpositions multicolores, tirée du défilé de la créatrice Roksanda qui vient de s’achever au British Museum, fait face à la même robe sur un écran numérique, qui viendra bientôt habiller les avatars du métavers. En pleine semaine de la mode de Londres, les professionnels se sont penchés lundi, lors d’un évènement consacré à l’avenir du secteur, sur la montée en force des NFT, du métavers, de la réalité augmentée dans l’industrie des belles étoffes et des drapés sophistiqués.

Selon Caroline Rush, la directrice du British Fashion Council, la fédération britannique de la mode, les marques doivent déjà réfléchir à leur présence dans cet univers parallèle au risque de se trouver vite dépassées. Le métavers, contraction de méta et univers, est un réseau d’espaces virtuels interconnectés accessibles grâce à des lunettes de réalité augmentée ou virtuelle (AR ou VR) et parfois décrit comme l’avenir d’internet. Les NFT (non-fungible tokens) ou jetons non fongibles en français, sont quant à eux des certificats d’authenticité et de propriété infalsifiables, basés sur la technologie des chaînes de blocs (blockchain), la même que celle qui authentifie les transactions d’échanges de cryptomonnaies.

À lire aussiMode: avant les NFT, il y avait Madeleine Vionnet

Pour les marques, c’est une façon de se connecter aux trois milliards d’adeptes des jeux vidéo dans le monde et de leur vendre des produits numériques: même dans l’univers des avatars, certains soignent leur look. Adidas avait ainsi annoncé en décembre le lancement de sa première collection assortie de NFT et son concurrent américain Nike a racheté RTFKT(prononcer artéfact), une start-up de mode numérique qui repose également sur une blockchain. Selon le Wall Street Journal, il n’avait fallu que 7 minutes il y a un an pour écouler 621 «paires» de sneakers en édition limitée. La marque avait réalisé un bénéfice net de 3,1 millions de dollars, soit 5000 dollars par paires…

Création de vêtements inimaginables

Les NFT seraient aussi une manière de démocratiser la mode, en permettant d’acheter un vêtement de créateur numérique pour une petite somme, ont affirmé lundi à Londres les participants au panel de discussion. C’est aussi un moyen pour les créateurs d’imaginer des vêtements qui dépassent le domaine du possible, comme des bottes qui s’enflamment ou encore des robes en eau.

Et pour les marques, la réalité augmentée permet à toutes sortes de clients d’être soudain habillés à leurs couleurs: «imaginez que vous portez des lunettes de réalité augmentée et que d’un coup vous voyiez toute cette audience habillée en Roksanda…», imagine Leanne-Elliott Young, cofondatrice de l’Institute of Digital Fashion.

Leave a Reply

Your email address will not be published.