Deepfake : Facebook, Google et Twitter vont devoir agir, et vite

Après le règne des fake news, l’époque est désormais aux deepfakes. Sur les réseaux sociaux, les vidéos plus vraies que nature mettant en scène des personnalités publiques sont désormais monnaie courante. Parmi les exemples les plus médiatisés en date, on peut notamment citer les deepfakes de Will Smith et Kanye West dans le dernier clip musical de Kendrick Lamar, ou — plus grave — celui du président ukrainien Volodymyr Zelensky appelant à rendre les armes au début de l’invasion russe.

La technologie évolue à un point où il devient difficile de différencier un deepfake d’une vidéo authentique. Des outils permettent heureusement de détecter les retouches apportées aux contenus multimédias, mais sur les réseaux sociaux, le grand public est régulièrement dupé par ce type de contenus trompeurs. Il faut dire que le résultat est souvent bluffant : grâce à l’intelligence artificielle, il est désormais possible de superposer le visage d’une personne sur le corps d’une autre, tout en conservant ses expressions faciales et les paroles. Concrètement, cela permet de faire dire tout et n’importe quoi, à n’importe qui.

L’Europe veut une responsabilité des GAFAM

Face à ces vidéos contrefaites ultra-réalistes, l’Europe craint de sévères conséquences pour la sécurité et la démocratie. C’est dans ce contexte que le vieux continent a publié ce jeudi 16 juin, une mise à jour de son Code de bonnes pratiques contre la désinformation. Initié en 2018, le texte s’adapte désormais à l’adoption du DSA (Digital Service Act), et devrait entrer en vigueur dans les 27 pays membres. Parmi les nouvelles mesures, le code vise notamment à responsabiliser les géants du Web face à la haine en ligne et à la désinformation.

Des sanctions face aux deepfakes

Interrogé par Reuters, Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur et en charge du dossier explique “Le DSA fournit une colonne vertébrale juridique au Code de bonnes pratiques contre la désinformation — y compris des sanctions lourdes et dissuasives“. Concrètement, le texte prévoit de nouvelles mesures sanctions à l’encontre des entreprises qui laisseraient proliférer les deepfakes sur leurs plateformes.

Les géants du Web, et plus particulièrement Google, Facebook et Twitter vont devoir prendre leur part de responsabilité face à la désinformation. En cas de manquement à ces nouvelles obligations, la sanction pourrait être salée, et grimper jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial. Si cela paraît relativement peu, c’est une sacrée somme à l’échelle des GAFAM. Avec ses 257 milliards de dollars de chiffres d’affaires enregistrés en 2021, Google risque à lui seul plus de 15 milliards de dollars d’amende.

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